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Comment se préparer à la réception des factures électroniques au 1er septembre 2026 ?

Par Vincent Hacquard, fondateur de Seven Hills Architecture Mis à jour le

La réponse courte

Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise doit pouvoir recevoir ses factures électroniques par une plateforme agréée ; les grandes entreprises et les ETI doivent aussi émettre les leurs par ce canal et transmettre leurs données d’e-reporting. Se préparer, c’est choisir et raccorder une plateforme, vérifier sa désignation dans l’annuaire, faire entrer les factures structurées dans l’ERP avec leurs statuts, puis adapter le circuit de validation et l’archivage. Refuser, valider ou payer une facture reste une décision de la comptabilité fournisseurs.

Pourquoi la réception demande plus qu’un contrat de plateforme

L’obligation tient en une phrase : recevoir les factures par une plateforme agréée. Dans une ETI, elle touche toute la chaîne fournisseurs.

  • Plusieurs sociétés, plusieurs SIREN : chacune doit pouvoir être trouvée dans l’annuaire et recevoir à la bonne adresse.
  • Une facture structurée qui arrive dans un portail : ne sert à rien si elle est encore ressaisie dans l’ERP.
  • Des statuts à renvoyer au fournisseur : un refus doit être motivé et suivre les motifs prévus par la norme : il ne remplace pas le traitement d’un litige.
  • Des fournisseurs qui n’ont pas tous basculé : PDF, papier et flux structurés cohabitent encore, et aucun ne doit être perdu.
  • Une émission qui démarre en même temps : pour les ETI : factures clients et e-reporting sont dus depuis la même date.
La même facture fournisseur, avant et après
Avant
PDF reçus par e-mailPapier scannéRessaisie dans l’ERPValidation par e-mailLitiges au téléphoneArchives dispersées
Après
Facture reçue par la plateformeIntégrée et rapprochée dans l’ERPStatuts renvoyés au fournisseurLe valideur approuve ou refuseArchivée au format d’origine
ManuelAutomatiqueDécision humaine

Le travail ne porte pas sur la plateforme elle-même, mais sur ce qui se passe entre elle, l’ERP et les personnes qui valident.

Les six étapes, et ce qui s’automatise à chacune

Six étapes, de la plateforme à l’e-reporting
  1. Choisir la plateformeProposé, puis validé
  2. Tenir l’annuaireProposé, puis validé
  3. Intégrer à l’ERPAutomatique
  4. Valider ou refuserProposé, puis validé
  5. ArchiverAutomatique
  6. Émettre et déclarerProposé, puis validé

Le détail de chaque étape : ouvrez-la.

  1. Choisir et raccorder une plateforme agréée
    Aujourd’hui
    Factures reçues par e-mail, courrier ou portails fournisseurs.
    Automatisé
    Raccordement de la plateforme à l’ERP ou au logiciel comptable, par API ou par échange de fichiers, testé sur de vraies factures avant la mise en service.
    Reste humain
    Choisir la plateforme, signer le contrat, valider les tests.
  2. Vérifier la désignation dans l’annuaire
    Aujourd’hui
    Adresses de facturation communiquées au cas par cas.
    Automatisé
    Contrôle régulier, pour chaque SIREN et SIRET du groupe, de la plateforme de réception désignée ; alerte en cas d’écart.
    Reste humain
    Décider quelle entité reçoit quoi, et à quelle adresse.
  3. Intégrer les factures dans l’ERP
    Aujourd’hui
    Téléchargement du PDF, ressaisie des montants et de l’imputation.
    Automatisé
    Lecture des données structurées (Factur-X, UBL ou CII), création de la pièce, rapprochement avec la commande et la réception, imputation proposée.
    Reste humain
    Corriger les correspondances fournisseurs et articles quand elles manquent.
  4. Valider, refuser, suivre les statuts
    Aujourd’hui
    Circuit d’approbation par e-mail, litiges suivis dans un tableur.
    Automatisé
    Circuit de validation dans l’ERP, statuts transmis par la plateforme, relances des valideurs, historique horodaté de chaque décision.
    Reste humain
    Approuver, refuser avec un motif, traiter le litige avec le fournisseur.
  5. Archiver
    Aujourd’hui
    PDF classés dans des dossiers partagés, originaux papier en armoire.
    Automatisé
    Conservation de la facture dans son format d’origine, avec ses statuts et la piste d’audit, liée à l’écriture comptable.
    Reste humain
    Fixer les règles de conservation et d’accès.
  6. Émettre et transmettre l’e-reporting
    Aujourd’hui
    Factures clients en PDF, opérations avec des particuliers et des opérateurs étrangers hors du circuit.
    Automatisé
    Factures clients émises par la plateforme depuis l’ERP ; données de transaction et de paiement préparées et transmises par la plateforme.
    Reste humain
    Contrôler les données avant transmission et répondre de la déclaration de TVA.

Les prérequis

  • La liste des entités SIREN et SIRET de chaque société et établissement qui reçoit des factures.
  • Un référentiel fournisseurs propre avec le SIREN de chaque fournisseur, sans doublons.
  • Des numéros de commande transmis aux fournisseurs et repris sur leurs factures, pour rapprocher sans recherche.
  • Un circuit de validation écrit qui valide quoi, jusqu’à quel montant, et qui peut refuser une facture.
  • Le régime de TVA de chaque activité débits ou encaissements, livraisons ou prestations : il détermine les données de paiement à transmettre côté ventes.

Quatre façons de faire entrer les factures dans l’ERP

Quelle option pour quelle situation
QuestionUn seul ERP, des achats simples, un éditeur qui propose une plateforme agréée raccordée ?
Si ouiLa solution native de l’éditeur suffit souvent.
Sinon ↓
QuestionPlusieurs ERP ou sociétés, ou un outil de traitement des factures déjà en place ?
Si ouiUne plateforme agréée indépendante, raccordée à chaque système.
Sinon ↓
QuestionRapprochement commande et réception, règles d’imputation ou multi-sociétés propres à l’activité ?
Si ouiUne intégration sur-mesure entre la plateforme et l’ERP.
Dans tous les cas, beaucoup de factures sans commande ou mal imputées : ajouter un agent IA qui propose, le comptable valide.
OptionsAdaptée quandLimitesÀ vérifier
Plateforme agréée proposée avec l’ERP ou le logiciel comptableUn seul système, des fournisseurs et des règles d’imputation simples.Dépend de la feuille de route de l’éditeur ; cas multi-sociétés parfois mal couverts.Immatriculation de la plateforme sur la liste officielle, statuts gérés, formats acceptés, coût par facture.
Plateforme agréée indépendante, raccordée aux systèmes en placePlusieurs ERP ou sociétés, outil de traitement des factures déjà en service.Un raccordement par système à construire et à maintenir.Connecteurs ou API disponibles, retour des statuts vers l’ERP, conditions de changement de plateforme.
Intégration sur-mesure entre la plateforme et l’ERPRapprochement à trois voies, imputations analytiques, règles propres au métier.Demande un cadrage et une maintenance.Propriété du code, documentation, réversibilité si la plateforme change.
Agent IA en complémentBeaucoup de factures sans commande, de frais généraux ou de libellés variables.Propose une imputation ou repère une anomalie, ne valide pas ; dépend de l’historique.Hébergement des données, justification de chaque proposition.

Les options se combinent : la plateforme reste obligatoire, l’intégration et l’IA portent sur ce qui se passe après sa réception.

Les pièges fréquents

  • Une plateforme raccordée à personne les factures structurées arrivent dans un portail et sont ressaisies à la main dans l’ERP.
  • Le refus utilisé comme outil de litige il doit être motivé et suivre les motifs de la norme ; un désaccord commercial se traite à part.
  • Une facture écartée pour son seul canal une facture reçue en PDF ou sur papier pour une opération réelle ne se jette pas : elle se traite, et le fournisseur peut être invité à la régulariser.
  • Une entité oubliée dans l’annuaire filiale, établissement ou société récemment créée qui ne reçoit pas ses factures.
  • Seule la copie PDF archivée la version d’origine structurée est perdue, alors que c’est elle qui fait foi.

Le contrôle interne

La réforme rend le contrôle plus traçable : chaque facture porte ses statuts horodatés, chaque refus son motif, et chaque validation son auteur. La personne qui paramètre le circuit n’est pas celle qui approuve les paiements. L’administration indique que les sanctions ne s’appliquent pas aux entreprises engagées dans une démarche sérieuse de mise en conformité, sans que ce soit un report de l’obligation, et qu’une mise en demeure de trois mois précède toute amende pour la réception : une démarche qui se prouve par des éléments datés (contrat, tests, consignes internes), pas par une déclaration d’intention. Les factures électroniques se conservent dans leur format d’origine, avec la piste d’audit, pendant les durées légales.

Par où commencer

  1. Lister les entités, leurs SIREN et SIRET, les canaux de réception actuels et la part de factures déjà structurées.
  2. Vérifier où en est le contrat avec la plateforme, son raccordement à l’ERP et la désignation de chaque entité dans l’annuaire.
  3. Commencer par une société et ses principaux fournisseurs, puis étendre aux autres entités, à l’émission et à l’e-reporting.

Questions fréquentes

Une facture fournisseur reçue en PDF par e-mail est-elle encore acceptable ?

Un PDF simple n’est pas une facture électronique au sens de la réforme. L’administration demande toutefois de ne pas l’écarter au seul motif de son canal si l’opération est réelle ; il est utile de demander au fournisseur de la transmettre par le circuit électronique.

Quelle différence entre une facture rejetée et une facture refusée ?

Le rejet vient de la plateforme : la facture est non conforme ou n’a pas pu être transmise, l’émetteur la corrige. Le refus vient du destinataire, il est obligatoirement motivé et limité aux motifs prévus.

Faut-il changer d’ERP pour recevoir les factures électroniques ?

Non. La plateforme agréée se raccorde à l’ERP ou au logiciel comptable en place ; le travail porte sur ce raccordement, le rapprochement et le circuit de validation.

Peut-on changer de plateforme agréée ou en utiliser plusieurs ?

Oui. Le choix est libre, une entreprise peut recourir à une ou plusieurs plateformes et en changer. Mieux vaut vérifier dès le contrat les conditions de sortie et la reprise des données.

Une ETI qui reçoit déjà ses factures doit-elle aussi émettre et déclarer ?

Oui. Depuis le 1er septembre 2026, les grandes entreprises et les ETI émettent leurs factures par une plateforme agréée et transmettent leurs données d’e-reporting, pour les opérations avec des particuliers ou des opérateurs étrangers et pour certaines données de paiement.

Combien de temps prend le raccordement de la plateforme à l’ERP ?

Cela dépend du nombre de sociétés, d’ERP et de règles de rapprochement. Un diagnostic permet de le dire précisément avant de s’engager.

Vincent Hacquard

Fondateur de Seven Hills Architecture. Plus d’une dizaine d’années responsable e-commerce & digital, après un début de carrière comme ingénieur MOA : toujours à la jonction des métiers et de la technique. Son expertise : comprendre le fonctionnement d’un service, designer ses processus et les automatiser, avec un PLM par exemple, ou un outil sur-mesure.

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Pour aller plus loin

Sources

  1. Facturation électronique : guide pratique de démarrage au 1er septembre 2026 (juillet 2026) — impots.gouv.fr
  2. Foire aux questions « Je découvre la facturation électronique » (version du 01/09/2026) — impots.gouv.fr
  3. La réforme de la facturation électronique : formats, statuts, annuaire, e-reporting (fiche DGFiP) — impots.gouv.fr
  4. Tout savoir sur la facturation électronique pour les entreprises — economie.gouv.fr